Résidant à l'étranger de
passage à Paris, je comptais célébrer des retrouvailles avec un ami de Paris
début août à mon retour, avant de repartir, en découvrant cette boîte de
nuit qui, paraissait-il, était le nouveau lieu branché de l'été à Paris, et qui
marquait le renouveau de la vie nocturne dans cette ville à peu près sinistrée
de ce point de vue, du moins de mon point de vue quand je l'ai quittée. Devant une file
d'attente trop longue, nous hésitions : le cadre vraiment très beau et
original valait-il de s'emmerder à faire 20 min de queue ? Nous avons
d'abord renoncé, puis sommes revenus sur nos pas, nous disant que maintenant
que nous y étions, il fallait voir à quoi cela ressemble à l'intérieur. La file d'attente ayant
diminué, nous avons décidé de nous lancer, en ayant l'impression de renoncer à
un peu de notre temps, mais bon, ça allait être sympa, et puis la file
diminuait plus vite que 15 min avant. On attend, on discute,
en avançant lentement. Nous arrivons près des deux videurs de l'entrée, en haut
d'un petit escalier, dont un qui nous demande : vous êtes combien ? Nous
finissions de discuter et étions concentrés sur notre discussion, donc nous
avons répondu avec un délai de 5 secondes que nous étions 2. L'un des deux
videurs nous a alors dit que cela n'allait pas être possible et
qu'il fallait nous mettre sur le côté : nous en avons déduit un peu ébahis, en
attendant quelques secondes sur le côté en continuant à discuter puis en entendant finalement allez partez là ! (euphémisme et sans le
ton désagréable), que ce qui n'allait pas être possible était notre entrée
chez ce commerçant. J'avais pourtant mis mes
plus belles baskets, comme tout le monde dans cette boîte, et mon ami pareil.
Nous sommes parti sans demander la raison de notre rejet, pour éviter
d'aggraver notre frustration par un échange complémentaire avec ces gens sur
les raisons de notre rejet. Ces raisons demeurent énigmatiques, mais nous nous sommes dit que
c'était probablement parce que nous étions deux hommes, la trentaine. Puis,
que quels que soient leurs vagues critères, dans la mesure où nous ne posions pas
de problème de sécurité (pas bu avant, pas d'armes à feu sur nous, de ceintures
d'explosifs, etc.), que nous n'étions pas spécialement différents des autres personnes dans la file et que nous nous étions montrés affables comme jamais avec
nos belles gueules, il s'agissait bien de discrimination d'une sorte ou d'une autre. Les videurs eux-mêmes,
l'un vêtu d'une magnifique robe à motif léopard, et l'autre d'un très beau
costume acheté probablement en RDA, dont la cravate couleur beaujolais village
allait à merveille avec le teint de son visage, se seraient probablement
discriminés eux-mêmes ce soir là, s'ils étaient eux. Bref, je n'ai pas de conseil particulier à donner pour entrer dans
cette boîte, car leurs critères de sélection semblent varier de manière aléatoire.
Evidemment il doit mieux valoir y aller en couple pour entrer facilement. Mais
n'espérez pas y tromper vos maris ce soir là, mesdames, car les jeunes hommes
célibataires ne rentrent pas apparemment. Sinon c'est beau aussi de l'extérieur, il y a un banc en face je crois,
pour boire des coups avec ses amis. Et Paris n'a pas trop changé finalement. read more