Echoués
Son restaurant, sur le port, tu n'y va pas sur recommandation, seulement par ignorance et parce que les établissements voisins affichent complets. Celui-là doit le savoir que sa ville attire le chaland et qu'il n'a pas besoin de satisfaire une clientèle qui deviendrait fidèle. Il y aura toujours un renouvellement de gogos qui échoueront. J'ai échoué donc. Sur son menu à 29,90E il t'envoie paître si, randonneur de bon appétit sauf pour les desserts tu demandes un ajustement : "nos plats sont copieux" assène-t-il hargneusement. La spécialité de la maison, le gratin de fruit de mer, est en effet la quintessence de la cuisine de "La voûte". Perdus dans un récipient trop vaste, noix de pétoncles, moules rabougries comme par le grand froid et menus tronçons de poulpes proviennent sans doute du même sachet. Une sauce en eau et un soupçon de chapelure pas même altéré par la cuisson questionnent sur le gratinage à ondes. De l'eau surnage de la soupe de poisson de mon amie. Elle tient plutôt du bouillon sans force. L'aïoli qu'elle ne goûtera pas n'est qu'épicé. Chacun ses tords, le client francilien est malavisé aussi. Pourquoi choisir des fruits de mer sur le port même de Cassis alors qu'il faut plutôt se régaler des daurades véritablement locales. Et il persistera car, randonneur émerveillé et affamé de sa pleine journée de marche dans les calanques, il a faim de pâtes déjà commandées. Une gambas trône donc sur de frugales tagliattelles. Pâtes étroites de premier prix et dernière qualité et assortiment de fruits de mer émergent d'un fond huileux trop jaunasse pour être d'olive. On attend la sortie se dispensant de dessert. Heureusement que pour digérer cette becquetance nous avons tenté un autre restaurant. Car, à part ça, l'on mange très bien à Cassis. read more