Nouvelle visite dans ce restaurant que j'affectionne particulièrement : cela faisait des mois que je disais à ma femme que j'aimerai y retourner Ma demande a été entendue et une table réservée. Le soir de notre venue, le beau temps étant de sortie lui aussi, nous profitons de la terrasse pour prendre l'apéritif. Pour le choix du menu, c'est maintenant encore plus simple que par le passé : un menu unique ou les plats à la carte. Le menu, justement 110 euros pour 3 plats, cela devient cher, d'autant qu'avant (je sais, c'est le passé mais cela permet de constater l'évolution des tarifs par rapport à l'inflation), pour quelques euros en plus, nous avions droit à 2 plats supplémentaires. Déjà, dans une précédente critique, j'avais pointé du doigt que le fromage faisait désormais l'objet d'un supplément. Agacement Mais laissons de côté l'aspect pécunier, après tout, nous sommes venus pour nous faire plaisir Le plaisir Commençons par les points positifs : comme toujours, accueil et service impeccables, maîtrise de la cuisson des produits, et la glace à la réglisse sur son cône de pain d'épices. A la sortie du restaurant, si nous étions assez satisfaits de la soirée (grisés par l'instant probablement), le temps qui passe (cela fait maintenant 15 jours que j'y pense !) joue inexorablement son rôle et la déception devient de plus en plus cruelle. Aucune générosité dans l'assiette : beaucoup trop classique dans les associations de produits (les prises de risque étaient plus franches dans le passé), voir carrément de la facilité dans la création d'un plat (un mille-feuille aux abricots (!) en guise de dessert). Des portions trop petites, avec la mention "mise en bouche" pour le Melon de Cavaillon accompagné de 2 petites langoustines et quelques copeaux de jambon ibérique... J'ai conscience que l'on ne vient pas dans ce genre de restaurant pour repartir le ventre rebondi, mais il y a un juste milieu entre la mise en bouche et l'assiette "de l'étudiant" qui doit absolument déborder. Le rouget de roche en bouillabaisse contemporaine efface un peu cette impression : si nous le souhaitons, la soupe (au demeurant bonne) est servie "à volonté" (ami(e) étudiant(e), ne te précipite pas non plus, ce n'est pas le rab' de frites du RU !). Arrive ensuite le veau de lait farci de Giroles. Pas mal, mais nous nous attendions à un morceau plus fondant : un restaurant de ce niveau devrait soigner son approvisionnement. Et pour ce qui est des giroles, il aurait mieux valu ne pas en mettre du tout dans l'assiette plutôt que d'en jeter 3 (je les ai comptées !) minuscules. On nous joue les précieuses ridicules ! Je ne reviendrai pas sur le dessert (qui a déjà eu droit à sa volée de bois vert). Nous avions pris l'option du vin en accord avec les plats : mission accomplie par le sommelier, avec une mention pour le Chateauneuf du Pape qui m'a particulièrement plu. La conclusion est sans appel : l'Auberge de l'Ile ne mérite plus ces 2 étoiles, pas même 1 ! Le "Bib" reste inaccessible à cause de tarifs excessifs. Je suis d'autant plus "ennuyé" par cette conclusion que ce restaurant faisait partie de mes préférés (pour y avoir mangé une petite dizaine de fois) et qu'il fait partie des restaurants que je conseille à des amis quand ils me demandent où aller manger. Mais alors, pourquoi Jean-Christophe Ansanay-Alex laisse-t-il filer ainsi la barque? Son projet londonien serait-il le responsable? A moins qu'il ne faille suspecter ses créations de sandwichs pour un complexe de jeux? Je n'ai pas les réponses mais j'espère que le Chef les a pour se ressaisir rapidement: le naufrage est proche! Vous l'aurez probablement compris : je ne me rendrai plus dans ce restaurant (avec beaucoup de regret cause des plats extraordinaires que j'y ai dégusté) et et je déconseillerai ce restaurant à mon entourage : le plaisir n'était pas vraiment au rendez-vous, pas plus que le plaisir de critiquer un lieu qui est, pour moi, un peu ma madeleine (de Proust). read more