Faisant partie des 38 Forts construits après la guerre de 1870 71, dans un périmètre de 40 km autour de Verdun par le général Séré de Rivières, le Fort de Douaumont fut construit à partir de 1885 puis renforcé et modernisé plusieurs fois jusqu'en 1913 pour adapter sa protection à l'évolution des capacités de l'artillerie moderne.
Particulièrement imposant, et dominant tout le champ de bataille de Verdun, il fait figure d'élément essentiel du système de défense français de la zone en 1914. Les Allemands le considéraient eux-mêmes comme étant la pierre angulaire de la place forte de Verdun.
Cependant, en 1915, le haut commandement français, craignant une trop grande vulnérabilité des Forts, face à la mise en œuvre des obus-torpilles, dès 1914, par les Allemands contre les Forts belges qui n'ont pu y résister, décide de le désarmer en partie, comme beaucoup d'autres Forts de la région.
Pourtant, constamment bombardé tout au long de la guerre, il prouve maintes fois son impressionnante résistance face aux coups d'artillerie. Notamment grâce aux multiples épaisseurs recouvrant ses locaux intérieurs construits avec des voûtes en maçonnerie de 1,50 m d'épaisseur, recouvertes d'une couche de sable de 1,50 m, elle-même recouverte d'une carapace de béton de 2,50 m sur laquelle est déposée une couche de terre de 1 à 4 m d'épaisseur.
L'armement du Fort comporte, au moment de l'attaque du 25 février, deux impressionnantes tourelles d'artillerie à éclipse, une de 155 et une de 75, une casemate de flanquement de Bourges avec deux canons de 75 sur affûts et de mitrailleuses.
Entouré de fossés, de murs d'escarpes et de contre-escarpes, d'une grille de 2,50 m de haut, d'un réseau de barbelés de 30 m de large, sa défense rapprochée, prévue d'être assurée par une caponnière double, deux caponnières simples et une de gorge était bouleversée par les bombardements et inexistante le jour de l'attaque, du fait de son désarmement partiel depuis 1915 et de la mobilisation des troupes françaises dans un secteur quelque peu éloigné.
La prise du Fort s'est faite par surprise, le 25 février 1916, suite à la poussée jusqu'au Fort d'un détachement allemand qui réussit à y pénétrer et à faire prisonniers les 57 Français de sa garnison, sans qu'ils aient eu à combattre.
Cette capture du Fort, a des conséquences importantes, tant au plan moral que matérielles, pour les Français, notamment pour assurer la défense du Fort de Vaux qui perd ainsi son moyen d'appuis réciproque principal.
Les Allemands organisent immédiatement sa défense et l'utilisent en tant que pivot central pour leurs actions tactiques, malgré son pilonnage constant par l'artillerie française qui dure jusqu'à sa reprise définitive le 24 octobre 1916.
Les Allemands l'utilisent comme abri pour la troupe et y entreprennent toute une série de travaux d'améliorations d'infrastructure, en particulier d'ordre sanitaires, d'électrification et d'évacuation mieux sécurisée de son accès par le creusement d'un nouveau souterrain de communication mais qu'ils ne pourront terminer. Ils parviennent ainsi jusqu'à pratiquement quadrupler, à certains moments, sa capacité de logement initiale de 800 soldats, puisqu'au maximum le Fort arrive à abriter 3 300 hommes.
Au cours de la possession allemande du Fort, il se produit le 8 mai 1916 une violente explosion détruisant un dépôt intérieur de grenades et de lance-flammes qui tue plus de 800 Allemands. Faute de pouvoir les inhumer à l'extérieur, les corps de 679 soldats sont emmurés dans une galerie du Fort. Celle-ci est devenue l'unique nécropole allemande sur le secteur de Verdun.
Le 24 octobre 1916, le Fort est repris par le régiment d'infanterie coloniale du Maroc, également sans combat, suite à son évacuation par les Allemands peu avant son arrivée. Le Fort reste aux mains des Français jusqu'à la fin de la guerre.
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