Tout de suite, il nous a attiré, avec sa devanture toute de bois tendre et de rouge, un brin désuète, et son ardoise griffonnée à la craie: ça fleurait bon la terre, la simplicité, la sobriété élégante de mets qui n'ont besoin ni d'ostentation ni d'extravagance pour séduire les palais.
Une fois la porte franchie, la première impression se confirme: ici, nous serons conquises par la qualité et la fraîcheur des produits (jambon de bayonne, pata negra, aubergines grillées, artichauts grillés, mozarella de buffala, courgettes, poivrons à l'huile d'olive, piments, fromage de brebis, tomates séchées, etc) servis dans des petites baguettes variées (pain blanc, pain gris, à l'olive, aux tomates, aux lardons, etc). Le vin est correct: il ne réveillera pas le disciple de Bacchus qui sommeille en certains, mais il ne fera pas fuir l'adepte de Lestos.
La seconde impression, presque aussi frappante que la première, c'est qu'ici vous serez servi avec équité : tout un chacun reçoit en guise d'accueil le grommellement de la serveuse. De l'unique serveuse...n'espérez donc pas tomber, un jour de chance, sur un être amène, courtois, hospitalier. Cerbère est sans substitut. "Boujour", c'est groumph, "que voulez-vous?", c'est groumph, "il n'y a plus pain blanc, gris, aux lardons" c'est groumph, et "avec ça vous prendrez quoi", groumph...
A moins qu'il ne s'agisse d'une stratégie -un tantinet sinueuse- pour précipiter le client dans la sympathique arrière-boutique, où se dressent en quiétude et en simplicité quelques tables et tabourets de bois.
Trois étoiles "seulement" donc pour El Vasco, qui en a usé deux en une demi-douzaine de passages où il nous fut impossible de joindre le bon et l'agréable... read more